Jusqu’à présent, toutes nos tentatives ont été vaines. Nous n’avons trouvé aucun signe de vie ailleurs dans l’Univers. Et encore moins de signe de vie intelligente. Pourtant, les astronomes ont découvert de nombreuses exoplanètes. Des exoterres, même. Mais ils le réaffirment aujourd’hui : si les conditions sont réunies, la vie peut émerger assez spontanément sur d’autres planètes que la Terre.


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    Les scientifiques savent aujourd'hui que la vie est apparue sur Terre de manière assez précoce. Dès que l'environnement offert par notre Planète est devenu suffisamment stable. En revanche, avant que le premier organisme multicellulaire se développe, il aura ensuite fallu attendre quelque quatre milliards d'années. Et un peu plus encore pour voir poindre nos ancêtres les plus primitifs. Le fruit d'un heureux hasard ? Pas si sûr, à en croire des travaux menés par des chercheurs de l’université de Columbia (États-Unis).

    Ils se sont en effet demandé à quelle fréquence nous nous attendrions à ce qu'une forme de vie intelligente réapparaisse sur notre Planète si son histoire se répétait. Comme point de départpoint de départ de leur analyse, ils ont formulé quatre hypothèses :

    • la vie est commune et l'intelligenceintelligence se développe souvent ;
    • la vie est rare, mais à partir de la vie, l'intelligence se développe souvent ;
    • la vie est commune, mais développe rarement de l'intelligence ;
    • la vie est rare et développe rarement de l'intelligence.

    En appliquant la méthode de l'inférence bayésienne, ils sont arrivés à la conclusion que si des planètes avec des conditions similaires et des chronologies évolutives semblables à celles de la Terre sont communes, la vie devrait assez spontanément émerger sur d'autres planètes. Le développement de formes de vie intelligentes serait en revanche plus rare.

    Si la vie semble pouvoir apparaître assez facilement, des chercheurs de l’université de Columbia (États-Unis) estiment que l’intelligence apparue sur Terre fait figure d’exception. © danielegay, Adobe Stock
    Si la vie semble pouvoir apparaître assez facilement, des chercheurs de l’université de Columbia (États-Unis) estiment que l’intelligence apparue sur Terre fait figure d’exception. © danielegay, Adobe Stock

    Le caractère improbable de l’intelligence

    L'inférence bayésienne, c'est le nom que les spécialistes des statistiques donnent à une méthode qui consiste à calculer les probabilités de diverses causes hypothétiques à partir de l'observation d'événements connus. En d'autres termes, l'idée est de mettre à jour la probabilité d'une hypothèse à mesure que des informations sont mises à disposition. « La technique s'apparente à celle des cotes de paris. Une boucle de rétroactionboucle de rétroaction positive permet d'affiner vos estimations de la probabilité d'un événement », explique David Kipping, astronomeastronome, dans le communiqué.

    Le scénario « vie commune » est neuf fois plus probable.

    Les formules mathématiques employées par les chercheurs ont immanquablement mené au même résultat : le scénario « vie commune » est toujours au moins neuf fois plus probable que le « scénario vie rare ». Les chances de voir la vie apparaître sur une exoplanète sont donc bien réelles.

    En revanche, compte tenu de l'émergenceémergence tardive de l'humanité dans l'histoire de la Terre, le développement de l'intelligence ne semble pas facile et encore moins assuré. Selon les chercheurs, si nous rejouions telle quelle l'histoire de la Terre, il serait même quelque peu improbable qu'une forme de vie intelligente y retrouve sa voie !


    Extraterrestres : sommes-nous les seuls êtres intelligents dans l’Univers ?

    Vous rêvez de faire une rencontre du troisième type ? Cette étude réalisée par des chercheurs britanniques va peut-être vous ramener les pieds sur Terre. Elle conclut en effet que l'humanité pourrait bien être la seule forme d'intelligence hébergée par notre galaxie.

    Article de Nathalie MayerNathalie Mayer paru le 26/06/2018

    Selon une étude britannique, nous pourrions être les seuls êtres intelligents à vivre dans notre galaxie. © TheDigitalArtist, Pixabay, CC0 Creative Commons
    Selon une étude britannique, nous pourrions être les seuls êtres intelligents à vivre dans notre galaxie. © TheDigitalArtist, Pixabay, CC0 Creative Commons

    Des centaines de milliards de planètes dans notre galaxie et pourtant à ce jour, aucune trace d'une forme de vie extraterrestre intelligente. Ce paradoxe - connu sous le nom de paradoxe de Fermi - agite les chercheurs depuis plusieurs décennies. Pourquoi les extraterrestres ne se montrent-ils pas ? Aujourd'hui, quelques-uns d'entre eux avancent une explication. Si nous n'avons pu détecter aucune trace de vie intelligente dans notre galaxie, c'est tout simplement... que nous sommes peut-être bien les seuls êtres intelligents vivant dans notre Univers proche.

    Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs de l'université d’Oxford (Royaume-Uni) ont simplement travaillé sur la base de l'équation de Drake et des révisions qu'elle a connues au fil des décennies. Rappelons que cette équation a été formulée en 1961 par l'astronome qui lui a donné son nom afin d'évaluer le nombre de civilisations extraterrestres avec lesquelles nous serions susceptibles d'entrer en contact.

    Cette équation fait intervenir un certain nombre de paramètres. Certains - comme le nombre d’étoiles dans notre Voie lactée ou le nombre de planètes habitables qui les entourent - commencent à être évalués avec un peu de précision. Mais d'autres restent très incertains. Que dire en effet de la proportion de planètes abritant la vie ? Et pire encore, de la part de planètes dont on pourrait attendre que les habitants nous rendent visite ?

    L’observation de Fermi n’est peut-être pas si paradoxale que ça. En effet, s’il n’existe pas d’autre forme de vie intelligente dans notre galaxie, pas étonnant que nous n’ayons pu établir aucun contact. © Free-Photos, Pixabay, CC0 Creative Commons
    L’observation de Fermi n’est peut-être pas si paradoxale que ça. En effet, s’il n’existe pas d’autre forme de vie intelligente dans notre galaxie, pas étonnant que nous n’ayons pu établir aucun contact. © Free-Photos, Pixabay, CC0 Creative Commons

    Une extrême incertitude

    « Compte tenu de ce que nous en savons aujourd'hui, la probabilité de voir apparaître une vie intelligente sur une planète est entachée d'une incertitude que l'on peut qualifier d'extrême. Nous sommes incapables de savoir si cela se produit quasiment partout où les conditions sont a priori réunies ou si, au contraire, c'est une situation particulièrement rare », explique Anders Sandberg.

    Si « ils » sont quelque part, c’est probablement… très loin

    Les chercheurs de l'université d'Oxford se sont attachés à tenir compte de ces incertitudes qui entourent ces valeurs. Des incertitudes qui, selon l'état actuel des connaissances scientifiques, s'étendent parfois sur plusieurs ordres de grandeur. Des incertitudes qui, une fois combinées, ont permis aux chercheurs de produire une estimation de la probabilité que l'humanité soit la seule forme d'intelligence dans notre galaxie.

    Ainsi à la question « où sont-ils tous ? », ces chercheurs répondent aujourd'hui : « Probablement loin... très loin. » Selon leurs calculs en effet, la probabilité pour que nous soyons seuls dans notre galaxie est supérieure à 53 %. Et il y a même une probabilité comprise entre 39 et 85 % que nous soyons seuls dans l'univers observable et de fait, à jamais hors de portée de tout contact extraterrestre.